-Multitude-

Conçu par Captain Ludd, cette exposition auto-financée avait avant tout pour objectif d’initier des rencontres. Mettre en lumière des artistes qui comme nous, sont en recherche d’autonomie de production et de partage des savoir-faire afin de montrer que derrière chacun des objets exposés s’anime une manière de concevoir bien différente de celles des circuits attendus de production d’objet.

Postulant que la beauté s'identifie d'abord par la construction sociale du "projet", l'exposition Multitude ainsi que Les Ateliers du Marquee (captain ludd) choisissent d'interpréter la thématique de la biennale 2015 au sens le plus autonome possible, arguant que les valeurs intrinsèques d'un travail définissent sa beauté. La dimension du beau ne devrait en aucune façon investir le champ unique de l'esthétique, mais également et avant tout habiter le politique et le social.

Si le modèle du designer vertueux vire manifestement au cynisme désinvolte, nous lui opposons résolument le statut de bricoleur/concepteur, celui-ci recouvre bien plus volontiers la capacité qu’a chacun d’apporter des solutions individuelles à diverses insatisfactions collectives.

Postures expérimentales de bidouilleurs non académiques, loin des outils aux ressorts obscurs qui inféodent nos usages, l’enjeu narratif est une constante des processus de recherche ici présentés.
La force de ces projets réside dans la multiplicité des cerveaux par lesquels ils transitent et se bonifient sans devoir se soumettre à une innovation emprunte de compétition et d’accumulation. Partage, échange, apprentissage, l’ensemble de ces projets revêt une haute idée de la transmission, de l’accessibilité et de l’intelligence collective, ancrant le travail dans une réalité démasquée, ouverte au plus grand nombre.
A l’opposé de l’effet d’annonce ou du projet isolé, Multitude souhaite témoigner de la diversité complémentaire des démarches que peut sous-tendre la construction sociale du noble effort de conception. Témoignage destiné à affirmer une intention fédératrice et une capacité au déconditionnement des savoirs, au libre arbitre et au jugement. Les circuits inaliénables d’auto-eco-organisation s’écrivent sous l’égide de l’autonomisation et de la non-dépendance. Logique de destination qui place le consommateur usager en praticien concepteur par la nécessité de construire les propres conditions de sa liberté et de son épanouissement par un apprentissage tout au long de la vie.

 

Comment se fait-il qu’un chien s’asseye toujours confortablement ? Ce qu’on ne peut pas toujours dire d’un humain. Évidemment la réponse est que le chien n’a probablement pas de théories quant à savoir comment on doit s’asseoir ; après s’être assis, le chien continue de bouger jusqu’à ce qu’il trouve son parfait bien-être. Par contre, l’homme s’assoit suivant une image qu’il se fait de la parfaite façon de s’asseoir, sans suivre sa propre autorégulation comme le fait le chien.
Yona friedman, Utopies Réalisables (nouvelle édition) éd L’Éclat. p 71

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  • Les Saprophytes, production fongique.

  • Les Saprophytes, production fongique.

  • Les Saprophytes, production fongique.

  • Damien Bais, Freehand Tracer

 

 

 

Pierre Brunet-Vogel, Romain Le Liboux, Paul Buros avec Léo Virieu.

 

Crédit photos : Léo Virieu et Paul Buros.